"Quatre mots sur un piano" - Goldman, Fiori, Ricol

Quatre mots sur un piano, ceux qu'elle a laissés
Quatre c'est autant de trop, je sais compter
Quatre vents sur un passé, mes rêves envolés
Mais qu'aurait donc cet autre que je n'ai ?
Ne le saurai-je jamais

Cas très banal, cliché, dénouement funeste
Trois moins deux qui s'en vont, ça fait moi qui reste
Caresses, égards et baisers, je n'ai pas su faire
La partager me soufflait Lucifer
Depuis je rêve d'enfer

Moi j'aurais tout fait pour elle, pour un simple mot
Que lui donne l'autre que je n'offrirais ?
Elle était mon vent mes ailes, ma vie en plus beau
Etait-elle trop belle ou suis-je trop sot ?
N'aime-t-on jamais assez ?
Quatre années belles à pleurer, maigre résumé
Cartes jouées mais la reine s'est cachée
Quatre millions de silences, de regrets qui dansent
Les questions, les soupirs et les sentences
Je préférais ses absences

Moi j'aurais tant fait pour elle, pour boire à son eau
Que lui donne l'autre que je n'offrirais ?
Elle était mon vent mes ailes, ma vie en plus beau
Mais était-elle trop belle, ou bien nous trop sots ?
N'aime-t-on jamais assez

Vous étiez ma vie comme la nuit et le jour
Vous deux, nouez, filiez mon parfait amour
Un matin vous m'avez condamnée à choisir
Je ne vous aimais qu'à deux
Je vous laisse, adieu
Choisir serait nous trahir

Mais qu'aurait donc cet autre que je n'ai ?
Ne le saurai-je jamais ?
La partager me soufflait Lucifer
Depuis je rêve d'enfer


oO Elle était mon vent mes ailes, ma vie en plus beau Oo
Etait-elle trop belle ou suis-je trop sot ?

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 20:25

Et si je racontait ma vie?

Hey. Ce que j'écrit n'a pas lair de passioner les foules.

Je vais donc

vous raconter ma vie



Ma vie elle est merdique. En ce moment elle est plus que merdique. Elle n'a pas vraiment de bonne raison de l'être (a part de mon propre point de vue) ce qui la rend encore plus merdique.


Ma vie est une succession de petites perles de joie enfilée dans un fil de merde


Enfin, il arrive de bonnes choses. Parfois (souvent) celles-ci sont à double tranchant.
Il m'est arrivé des choses magnifiques, ces mêmes choses, ces mêmes gens ont fait de moi un espèce de cadavre avec une boîte à musique, fou d'un amour éternel et pris dans un combat perdu d'avance contre lui-même et contre le Destin.
Ce qui n'est pas une situation enviable.

Moi
( Définition: cas désespéré )

Elle
( Que puis-je y faire? Je suis un crapaud :p )

Lui
( Bon, et bien. Shall Elvis help him )

Eux
( Et si on les tuait tous? )


St-Donat represente.


Ne m'oubliez paaaaaaaaaaaaaaaaaas! Chuis en train d'crever à p'tit feu -_-


# Posté le lundi 15 octobre 2007 16:17

Modifié le lundi 15 octobre 2007 16:35

Resto-route, beignets de courgette et cirrho-cumulus - Partie 3


Entrant dans sa chambre tout aussi bordélique que celle des autres pensionnaires, son regard se riva sur les couvertures qui, sans motif apparent, couvraient en grande partie l'écran de la petite télé marron et crème juchée sur son piédestal d'acier à la peinture ancienne et colorée de rouille.
Il se rappela avec dégoût l'ordre militaire des maisons japonaises.

-Par quoi je commence, se demanda Mathieu. Ah ouais. La bouffe. 'Vaut mieux mettre tout ça au frigo, mon pote, dit-il en ôtant sa main gauche de la poche.

Il aimait bien s'appeler « mon pote » lorsque il était tout seul. Non qu'il parlait dans le vent, il faisait plutôt part à lui même de ses remarques. Son deuxième moi lui intimait parfois de se soumettre à certaines règles (combattre la procrastination figurant en tête de liste) et c'était le dernier rempart de civilité et de bienséance avant le chaos total. Et, contrairement à de vrais interlocuteurs, il avait l'avantage de pouvoir s'arrêter quand il commençait à se trouver gonflant.

Il retourna dans la cuisine, en emportant sous le bras le paquet en carton plissé et translucide de graisse des donuts New-Yorkais compressés par le voyage, et développa mentalement une stratégie de rangement rapide. En adepte de la « planification Tuperware », il était passé maître dans l'art de mettre à profit ce genre de secondes perdues pour préparer sa journée, laquelle se terminait généralement sur les quelques minutes d'oisiveté gagnées ainsi (s'ajoutant aux heures d'inactivité qui faisaient en quelque sorte partie de la routine quotidienne).

Bref, ouvrant son sac, il jeta toute ses affaires une à une, dans un battement de bras mécanique ; contre les murs, derrière lui, les étalant sur le sol.
Ranger ? Pas dans un moment pareil. Son confortable désordre lui manquait tellement.
C'était ça, mettre de l'ordre, selon lui. Construire un environnement à l'image de son esprit : tout avait beau être sans dessus-dessous, il savait exactement vers quel endroit de ce capharnaüm se tourner selon ce qu'il cherchait.

Regagnant alors son lit et sans risque de crue, la vie de Mathieu reprit son débit calme, celui qu'elle avait lorsque quelque barrage en régulait le flux ; les barrages symbolisés pour lui par ce qui faisait qu'il était ici, dans cet appartement somme tout miteux et sans boulot : ses potes, et le sacro-saint glandage.

-Les autres dorment encore, mais ils vont vouloir du café sitôt réveillé. J'ai encore cinq minutes à moi, et rien à faire, autant bouquiner, songea-t-il.

Il s'allongea sur la couche de couvertures qui tapissaient sa chambre, et eut l'impression qu'il avait fait ceci pour la dernière fois hier. Il posa son livre ouvert à l'envers contre sa poitrine, il n'avait en fait pas l'intention de lire ; juste de sentir l'odeur du thé et la chaleur des premiers rayons de soleil, avant que le monde ne s'éveille après une longue ellipse.

Il fut tiré de ses rêveries par un grincement de porte, au bout du couloir, qui lui parvenait distinctement malgré la distance d'une dizaine de mètres.

-Déjà, marmonna-t-il. Et en plus, c'est « Elle ».

« Elle », c'est à dire Luka, commençait comme tous les dimanches sa tournée des chambres, réveillant plus ou moins violemment leurs occupants (Mathieu le savait, pour lui ça serait « plus »). Luka avait dix-sept ans, ce qui en faisait la plus jeune résidente du fameux six pièces, son visage était de la pureté d'un ange et son caractère celui d'un démon, aussi changeant qu'un vent marin.

- Lucile ? Tu pionces ? demanda-t-elle doucement.
-Ouais.
-Ah bon. Ben réveille-toi alors.
Deuxième chambre.
-Mario ! Huit heures ! Bouge toi !
Troisième chambre. Mathieu attendait l'impact, les yeux rivés sur la porte.
-Trois, deux, un...
-Mathieuuuuuuuuuu ! cria la furie en ouvrant la porte à la volée. Bouge toi ! Tu vas pas rester là sans rien faire toute la journée ! hurla-t-elle en le saisissant au col sans ménagement dans une tempête de ses longs cheveux dorés.
-C'est... C'est bon, je me lève, articula avec difficulté la victime, secouée comme un prunier par sa tortionnaire.
-C'est pas parce que tu viens de rentrer qu'il faut pioncer vingt-quatre heures d'affilées ! Montres toi un peu !

Elle finit par le lâcher et il se leva avant la deuxième vague.

-Désolé, dit Luka en souriant. Je vais au bar, à tout a l'heure !
Elle sortit de la chambre en lui faisant « coucou » de la main.
Le sang de Mathieu battait à ses tempes, et il avait mal aux cervicales.
-Quelle brute, dit-il à sa télé en se tournant vers le miroir (il parlait aussi aux objets, avec les mêmes avantages que lorsque il parlait à lui même).

Son visage était devenu rouge ; le sang redescendant dans son corps il retrouva son visage mat légèrement bronzé, encadré par une barbe de trois jours qui dissimulait la dureté des traits de sa mâchoire et soulignaient son regard perdu dans le paysage, deuxième ou troisième plan. Il remit ses courts cheveux couleurs de sève en place, le soleil lui prodiguant des reflets blonds qui donnait à l'ensemble une grâce négligée du plus bel effet, avant de rejoindre une fois de plus la cuisine où il prépara le café pour Lucile et Mario. Luka, pensa-t-il, devait déjà être en train de boire le sien au bar dont l'italien était, un jour sur deux, le serveur – il était la deuxième et dernière personne du groupe a avoir un emploi stable.

Mario et Lucile avait été fiancés, et bien qu'officiellement séparés, ils allaient souvent ensemble et cela semblait naturel : leur amour était devenu une très complice amitié. Ce qui arrangeait bien les autres puisque leurs disputes fréquentes avaient aussi disparues, pour une obscure raison qu'on ne cherchait pas mais qui satisfaisait tout le monde. Non, vraiment, le célibat ici était la seule solution et on s 'en accommodait bien. On parla de choses et d'autres en dévorant les croissants industriels qui trônaient sur le four à micro-ondes. Mathieu, qui fut questionné sur les grands espaces Américains, se rappela les donuts. Il tira le carton du frigo et l'ouvrit avec un air gourmand.

-Tadaaaaan ! s'exclama-t-il en repoussant la boîte sur la table telle une ½uvre d'art. Alors, vous en avez jamais vu des comme ça, hein ?
Luka agita sa tête de haut en bas l'air condescendent.
-Ah, tu fais une collec' de champignons maintenant, lui demanda la jeune fille.

Comme il put le constater lui-même en passant la tête par dessus le couvercle, la conservation dans un état comestible plus de quarante-huit heures ne faisait pas partie des propriétés du donut de base, tout authentique qu'il fût.

-Bon, tant pis. Mais je vous assure qu'ils auraient été délicieux. Et au fait, oui, les grands espaces sont grands.

# Posté le dimanche 26 août 2007 00:35

Resto-route, beignets de courgette et cirrho-cumulus - Partie 2

Il fut accueilli en arrivant par ses colocataires massés devant la porte, silencieux bien qu'arborant un sourire radieux.

Tout en traversant la route qui le séparait de ses amis, une pensée qui lui déplut lui traversa la tête : « Info-traffic vous informe qu'un ange va passer dans cinq secondes... ». Oui, après un temps pareil passé sur les routes, il risquait d'y avoir un décalage. Son absence sans doute devenue habituelle enfin comblée, des réactions surprenante étaient à prévoir. Mais il n'en fût rien, Mario, enjoué et survolté comme toujours, ôta une sévère épine du pied de Mathieu.
« Ca c'est de la promenade digestive, mon gars, dit-il en écartant les bras pour donner l'accolade à son camarade. Ca fait plaisir de te voir, t'imagine pas. Bouge toi et va poser tes affaires, comment tu veux trinquer avec un carton sous le bras ? »

Il monta en tête du cortège au second étage, dans leur fief, et jeta son sac dans sa chambre, épargnant le même sort à sa porcelaine, qu'il déposa sur la table en marbre de la cuisine.. S'asseyant à la plus grande table en leur possession, la table en bois massif dans le salon, il constata que des festivités avait été préparées en son honneur : devant lui trônaient des bouteilles d'alcools divers, deux guitares avait fait leur apparition sur le canapé, exceptionnellement délaissé par Lucile qui hissait avec fureur un ampli branché, supposait-il, sur une sono neuve. Neuve il l'espérait, jugeant inappropriés les crachottis de celle qu'il connaissait pour fêter son retour... D'un coup d'½il, il constata aussi que l'ampoule de la cuisine n'avait toujours pas été changée depuis son départ.
Un récit, deux récits, trois récits ; la veillée se prolongea tard dans la soirée, ou plutôt dans la journée, car ces joyeuses retrouvailles donnèrent de quoi chanter et boire à tout le monde pour une journée entière.

Le lendemain, le routard eu l'impression d'entamer un nouveau chapitre d'un passionnant roman de voyage, mais un chapitre figé comme de l'huile (c'est à dire avec quelque chose qui bouge au dessus tout de même). Levé le premier, alors que la lumière de la lune rendait encore luisants les pavés carrés, polis d'usure, de la place en contrebas , Mathieu croisa Luc dans la cuisine , qui avalait en hâte un délicieux thé indien tout juste ramené du pays. Mathieu ressentit un pincement au c½ur en imaginant le succulent liquide s'écouler en torrent dans la gorge de son ami.
« Euh, si c'était pour l'engloutir comme ça, t'aurais aussi bien pu prendre de l'Eco+, non ? fit-il remarquer.
-Ah ? Pourquoi, il a quoi de spécial celui-là ? »
Il n'avait même pas prêté attention à la boîte dont il avait mis le contenu dans sa casserole. Cela aurait pu être une tablette de produit vaisselle, il ne s'en serait rendu compte qu'aux portes de l'hôpital. C'est avec la même distraction qu'il posa la boule remplie de feuilles dans l'évier et jeta négligemment la tasse à la poubelle. Détournant très subtilement la conversation, il lança en se dirigeant vers le hall :
« Au fait, 'faudra changer l'ampoule de la cuisine. Tu devais le faire, mais t'es parti avant. On a préféré te la laisser pour pas te vexer, finit-il avec un sourire.
-C'est ça, casse-toi feignasse, répondit Mathieu en rigolant. Si j'me rappelle bien, t'es déjà à la bourre, non ?
Il fronça les sourcils et porta sa main au menton, l'air faussement perplexe.
-Ah ouais, possible.». Luc était aide soignant, il naviguait constamment entre les hôpitaux et les maisons de retraite de la ville ; travail prenant, mais qui permettait à plusieurs personnes de se reposer sur son salaire relativement longtemps.
Arrachant au passage sa veste de cuir marron du porte-manteau, il sortit de l'appartement. Mathieu le vit traverser la rue et monter dans sa voiture, puis démarrer après un plusieurs essais infructueux, et enfin s'éloigner vers la périphérie, sans se presser, selon une habitude qui lui était chère. Mathieu constata avec un brin de fierté que la moitié des occupants des lieux, dont lui, étaient des glandeurs en puissance. Fierté ? Pourquoi, se demanda-t-il peu après. Fallait-il être fier de passer sa vie entre la pizzeria, le canapé, et le pack de bière?
Oui, pensait-il.
Même si de l'avis, élevé au rang de vérité universelle, de quelques aigris et insatisfaits chroniques c'était là une vie tout à fait honteuse, Mathieu se félicita en même temps que ses camarades de demeurer fidèle à ce que lui dictait son esprit. Voilà quatre ans qu'il vivait réellement et existait pour autre chose que ce que l'on attendait de lui, il n'envisageait pas de vivre autrement et se réjouissait de savoir que la science lui permette de jouir de cet état de fait pendant encore soixante ans.
Lui, il faisait ménage, cuisine et vaisselle dans l'appartement, et de l'avis commun cela était suffisant.
A nouveau seul, il songea à mettre un peu d'ordre, avant que tout le monde ne se réveille. Sortant sur le palier, il monta un étage de la cage d'escaliers , souleva le paillasson de leur voisin du dessus, et remit le numéro de « Minute » à sa place, c'est à dire à la poubelle.
-On se sent mieux de bon matin, quant on a fait ça ! expliqua-t-il au chat qui le regardait depuis le rez-de-chaussée.
Car il parlait aussi aux animaux.
Il revint dans le salon, rangea les bouteilles dans le meuble bas prévu à cet effet, empila les gobelets vides et les jeta dans le sac poubelle qui gisait sous la fenêtre de la cuisine, coincé entre le plan de travail en marbre et la petite table de la même matière (il se souvint de la tasse de Luc et la retira du sac avant qu'elle ne soit engloutie par les barquettes de merguez). Suivirent les miettes de pain et les peaux de saucisson, après quoi il regagna sa chambre silencieusement, au son agréable de ses pieds nus caressant les lames de bois sec et vieux du plancher.
Il jeta un coup d'½il dehors, par la fenêtre du hall.
L'immeuble formait une sorte de théâtre carré, avec en guise de fosse d'orchestre les couloirs menant aux trois chambres et celles-ci en guise de gradins ; aussi put-il voir par dessus le platane tristement planté dans les loges la nuit claire et bleue, la couleur pâle du jour naissant apparaissant au loin, entre les silhouettes vagues des collines de l'arrière pays.

# Posté le samedi 04 août 2007 17:00

She hates me - Prise Origine Machine


Met a girl, thought she was grand
Fell in love, found out first hand
Went well for a week or two
Then it all came unglued

In a trapped trip I can't grip
Never thought I'd be the one who'd slip
Then I started to realize
I was living one big lie

She fucking hates me
Trust
She fucking hates me
La la la love
I tried too hard
And she tore my feelings like I had none
And ripped them away

She was queen for about an hour
After that shit got sour
She took all I ever had
No sign of guilt
No feeling of bad, no

In a trapped trip I can't grip
Never thought i'd be the one who'd slip
Then I started to realize
I was living one big lie

[Chorus]

That's my story, as you see
Learned my lesson and so did she
Now it's over and i'm glad
'cause i'm a fool for all i've said

[Chorus]

La la la la la la la la la love
Trust
La la la la la la la la la love
Trust
And she tore my feelings like I had none
She fucking hates me





C'est tristement réaliste tout ça...

# Posté le dimanche 29 juillet 2007 13:36