Resto-route, beignets de courgette et cirrho-cumulus - Partie 1

Il avait toujours aimé les autoroutes. Ces langues de bitume gris, lisses et parsemées de tâches d'huile et de traces de gomme. Il était toujours fasciné par tous ces véhicules vrombissant qui n'existent les uns pour les autres que le temps fugitif d'un dépassement incommodant ; allant toujours devant, le long de la rassurante voie bombée qui chevauchait les collines de garrigue. « Peut-être vont-ils parce que, justement, ils ne savent pas où », songeât-il
Du haut de sa petite vingtaine, avec son esprit vif et son oeil vague, Mathieu regardait le monde qui l'entourait avec une proximité relative, mais un amusement certain et une pointe de malice. Il observait, un sourire au lèvres, le ciel bleu bordé de nuages cotonneux qui moutonnaient au loin, les reflets colorés du soleil d'été sur la baie vitrée du restaurant, les voitures défilant en dessous comme franchissant la ligne de départ d'une course interminable, dans les habitacles desquels il s'amusait à relever les détails les plus insignifiants ; un siège troué ou une boîte à gants qui ne fermait pas.
Pour l'instant, le monde de Mathieu se limitait au restau calme et presque vide, à la route qu'il enjambait, à ses beignets aux courgettes et au serveur qui lui rappelait pour la cinquième fois qu'il ne pouvait pas poser l'assiette, est-ce qu'il pouvait déplacer son bras ?
Trois ans. Trois ans déjà qu'il errait à travers le monde. Trois ans qu'il n'existait que pour lui et pour ses compagnons de voyage. Hambourg, Florence, Athènes, Kandahar, Delhi, Kyoto, Philadelphie... Tant de noms évocateurs derrière lui, et devant : Marseille. La France, son pays natal. Le sud, et la ville ou dès ses premiers instants l'odeur du sel et le ciel limpide l'ont invité au voyage, ont fait de lui un sédentaire en sursis guettant le moment du départ.
A quelques kilomètres de la ville, il posa son sac et s'assit à une table de ce restaurant, et les yeux plongés dans le ciel azur, y revit ses premiers pas d'homme libre.
« Comme c'est loin, et comme c'est près en même temps ! » se dit-il en lâchant un petit soupir nostalgique. L'instant d'après, il se fit la réflexion qu'il pensait parfois des choses stupides, se promit d'accorder une heure au sujet et poussa enfin son bras, avant de remercier le serveur qui déposa sa nourriture sur la table de bois verni.
Bien que son assiette semblait le provoquer de son odeur appétissante, il la dédaigna d'un air hautain ( « non mais, je ne vais pas me faire emmerder par une paire de beignets aux courgettes, non ? »). Se souvenant soudain qu'il feignassait ici depuis plus de deux heures, il se leva et sortit à grande peine son téléphone de la poche trop profonde de son jean aux chevilles tâchées de terre séchée et composa un numéro avec une rapidité telle que le téléphone ne suivant pas, il dut s'y prendre à trois fois. Quand enfin la sonnerie retentit au c½ur de Marseille, dans un pauvre téléphone blanchâtre perdu sous une pile de vêtements et de couvertures. La femme ensommeillée qui le décrocha dormait encore il y avait quelques instants.
« Allô ? Non, ce n'est pas la chocolaterie Cémoi.
-Non, c'est moi. Moi, Mathieu ! répondit celui-ci, exaspéré. Dormir était selon lui l'occupation la plus fréquente de Lucile depuis quelque temps, ce qui engendrait parfois des problèmes de « communications ».
-Ah, ouais. Il faut venir te chercher?
-Non, y'a quelqu'un qui me dépose Cours Ju'. Je serai à l'appart' d'ici une demie heure.»
Ainsi Mathieu, étudiant et baroudeur, fauché de son état, rentrait dans son appartement de Marseille après un tour du monde, un sac sur le dos et une théière en porcelaine japonaise sous le bras.

# Posté le dimanche 29 juillet 2007 01:03

Go go go!

Allez hop. J'le sens bien c'matin, il est 6h32 et j'ai bien envie de commencer à publier l'espèce de truc sur les lauriers duquel je me repose depuis cinq mois.

Ca s'appelle "Resto-route, beignets de courgette et cirrho-cumulus"; ça devait être un titre provisoire en attendant une bonne idée bien commerciale, mais je m'y suis fait et je trouve que ça va super bien.

Oui, il y à un h à cirrho-cumulus.
Oui, les beignets de courgette c'est bizarre.

Ce truc a été écrit sur une période d'exactement un an, le pari était d'écrire un roman en en 365 jours, sous peine de se faire harakiri avec un couteau a beurre, pari que j'ai remporté avec 20 minutes d'avance.
Il y a, techniquement parlant, un leger doute quant à la validité du record, étant donné que le resultat final est largement moins long qu'escompté (de nombreux problèmes de documentation juridique m'ayant contraint à revoir de nombreuses fois mon scénario). Toutefois l'écriture relève bien du roman et non de la nouvelle. A vous de voir.

Le style est plutôt balèze et quelquefois un peu indigeste, je le reconnais. Et l'histoire peut paraitre un peu mièvre aux gros cons blasés de la vie; si c'est le cas, ma foi, rappelez-vous de vos 18 ans et relisez.

C'machin là est dédicacé à tous mes potes et à tous ceux qui, comme Matthieu, aiment la liberté plus que l'argent et ont un prénom biblique orthographié à l'ancienne.

# Posté le dimanche 29 juillet 2007 00:42

Optimisme v2.0

[ Ahaha et ouais, voilà une photo de toi sur mon blog :) ]

Je voudrais adresser un gros fuck à tous mes problèmes. Mais alors vraiment, un gros gros fuck, qui vient du fond du coeur.

Très jolie cette photo, même si ça avait un but plus cathartique qu'esthetique.






Optimisme v2.0

# Posté le jeudi 26 juillet 2007 16:13

Modifié le dimanche 29 juillet 2007 00:30

Message to the Rock'N'Roll Hall Of Fame

Up on my shoulders
Are their hands
And that's fine
Spreading in front of me
Are the darkness
Nevermind

World have been so cool
World have been so cruel!
That I just can't make my mind
People is so cold
And I'm not confident
You hold my other hand
When I let go of yours!

Their weight are heavy!
They're both my engine and my load!
Price is high, time has gone
Take your tears in one's stride!

Have you hoping
Have you doubt
Because you were behind me
Now I understand
Step by step
Why your names are shining

I'm now ready!
Don't give up and give me strenght!
This is only about time
No regrets no shame and forever no fear!

# Posté le samedi 23 juin 2007 09:29

First Live

Jeudi on a un concert!
Et cette fois on sera de l'autre côté de la scène!
Y'a plus qu'à prier le Dieu de le Motivation et à esperer que les paysans seront aussi ouvert au punk rock indie qu'a la musette.
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# Posté le mardi 19 juin 2007 13:53